


Ernest Loste, un coureur cycliste, met fin à sa carrière pour se reconvertir dans la construction automobile. Il ouvre un garage à Paris et en 1907, il devient le concessionnaire des voitures Fiat en France. Son activité prospère rapidement et même beaucoup après la guerre.
La société-mère, un peu jalouse de cet essor considérable décide d’implanter une filiale afin d’écarter Loste. Elle met Henry Théodore Pigozzi, un jeune Directeur Général de 28 ans, à la tête de la SAFAF ou Société Anonyme Française des Automobiles Fiat. Ernest Loste n’est alors plus qu’un actionnaire minoritaire tandis que les associés au sein de la société-mère détiennent la majorité des actions.
Puis, il y eut la crise économique de 1929, au cours de laquelle chaque nation veillait jalousement sur ses productions nationales et augmentait les droits de douanes afin de mieux les protéger. Importer des voitures italiennes n’était donc plus rentable sur le sol français. Il fallu donc à Pigozzi proposer la production des voitures Fiat en France même aux actionnaires pour éviter ces frais de douanes trop élevés.
La SAFAF devient alors la Société Anonyme Française pour la Fabrication en France des Automobiles Fiat, mais garde le même nom acronymique. Mais il ne se rend pas encore compte qu’il ne s’agit pas seulement d’assembler les pièces mais de carrément les fabriquer et monter la voiture. Il est alors contraint de faire appel à des sous-traitants qui produiront les pièces en suivant les plans Italiens, et l’assemblage se fera à l’officine de Suresnes.
En 1932, Fiat lance la Fiat 508 Balilla qui sera la 6CV en France, avec la mention " Fabriqué à 80% en France " marquée sur leur calandre. Mais cette mention sera modifiée au fur et à mesure et deviendra " Fabrication Française ". Les premières 6CV avaient 3 vitesses, mais une autre version à 4 vitesses sera présentée plus tard par Fiat Italie.
Avec le succès de la 6CV en France, Fiat a du reconsidérer sa méthode de production et décide qu’il ne convient plus de sous-traiter la production des pièces de la 6CV. Elle confie donc ses activités en France à la SIMCA (Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Automobile) une société française sise à Nanterre. A la même période, Donnet, un autre fabricant de voiture à moteur 2 temps, tombe en faillite et se voit contraint de céder son entreprise. La SIMCA la lui rachète pour en faire office d’usine.
En juillet 1935, la gamme SIMCA-Fiat est enfin lancée, et le nom SIMCA apparaît en diagonale sur le logo de Fiat.
A partir de 1935, les activités de SIMCA prospèrent et différents modèles dérivés de la 6CV sont fabriqués et mis sur le marché, dont le cabriolet 6CV qui adopte la ligne " comète " récemment créée avec la version " grand luxe " de la 11CV Fiat 518, suivi des berlines et du coupé qui adopteront aussi la nouvelle ligne. Bientôt SIMCA devancera sa première concurrente française Citroën, grâce à ses méthodes de gestion et de promotion, qui sont loin de laisser paraître que SIMCA produit des automobiles copiées des versions italiennes Fiat.
SIMCA produit par la suite la Fiat 500 Topolino, la SIMCA 5 qui sera d’abord présentée en France et aura un grand succès. Malgré la crise économique, SIMCA a toujours vu ses activités prospérer et a adapté ses productions à la situation de ses acheteurs. Pendant la guerre, les activités stagnent un peu et les occupants exigent des entreprises qu’elles produisent des voitures pour le front sous la direction de l’un de leur administrateur.
Heureusement pour la SIMCA, la société-mère était italienne et l’Italie était un allié de l’Allemagne, ce qui lui a permis de garder la direction de ses activités, ce qui ne sera pas le cas chez pour les concurrents Citroën et Peugeot contraints d’interrompre leurs activités pour produire des véhicules militaires. Mais en 1943, elle ne bénéficiera plus de ce privilège et sera, elle aussi affectée à la maintenance des matériels. A la fin de la guerre, les productions reprennent lentement.
En 1946, plusieurs constructeurs sont contraints à la coalition, et sont regroupés au sein de la Générale Française Automobile(GFA). Mais SIMCA réussit à échapper à la nationalisation et reprend ses activités indépendamment.
En 1947, elle lance la SIMCA 6, qui est un modèle dérivé de la SIMCA 5. Mais une nouvelle concurrente se présente, Renault lance sa 4CV et pour y faire face Pigozzi décide de lancer à son tour la SIMCA 9, l’Aronde. Cette dernière version de SIMCA est une fois de plus un succès et sera d’autant plus rentable pour la société. Devenue assez puissante sur le marché, SIMCA s’intéresse à la Ford SAF qui est en difficulté à l’époque à cause de ses moteurs V8 mal adaptés à la demande de la clientèle française. SIMCA acquiert donc la filiale française de Ford et accroît encore plus ses activités. A la même époque, Pigozzi devient le PDG de SIMCA devenue Simca. Puis elle acquiert également la société Unic. Puis la SOMECA, destinée à la fabrication de matériels agricoles voit le jour, créée par Pigozzi avec l’aide de Fiat. Ce qui permet à Simca de s’aligner avec la société d’Etat Renault.
En 1958, Chrysler, un constructeur américain, devient actionnaire de Simca à hauteur de 25%. En 1961, le constructeur Talbot fusionne avec la société Simca. Simca lance par la suite la SIMCA 1000, inspirée de la Fiat 850, qui sera présentée au salon de Paris en automne 1961. En 1978, la Simca arrête l’exploitation de la gamme Vedette de Ford. Chrysler devient majoritaire en 1962, mais Pigozzi reste toujours à la tête de la société. Fiat tente de créer sa propre filiale à partir de Citroën.
Pigozzi ne restera pas longtemps car il a quelque peu arnaqué les Américains en soustrayant de la transaction les sociétés Unic et la SOMECA qui sont revenues à la nouvelle filiale française de Fiat. D’autant plus que l’exploitation de certaines marques était de ce fait impossible.
La nouvelle filiale française de Fiat s’appellera Fiat France SA ou la F.F.SA. Les Américains affecte un nouveau Directeur Général à la tête de la Simca, en la personne de Georges Héreil qui lancera à son tour la Simca 1100 en 1967. Il réussira tant bien que mal malgré la persistance de ses supérieurs à favoriser les modèles Chrysler. La Simca 1100 fut lancée et encore une fois elle rencontra un grand succès et restera à la vente pendant plusieurs années consécutives.
Mais en 1970, Simca devient Chrysler France car le constructeur a acheté toutes les actions de l’ancienne filiale de Fiat Italie. L’exploitation des modèles Simca sera néanmoins maintenue mais le constructeur américain ne tiendra pas longtemps avant de céder la totalité de ses activités dont Chrysler France, Rootes et Chrysler Simca Espagne à PSA Peugeot Citroën.
passant par des hauts et des bas, lançant des modèles aux succès fulgurants ou mitigés parfois, on peut affirmer que malgré tout, la marque SIMCA a connu en général un franc succès tout au long de son parcours. En 2004, elle s’est vue attribuée un musée à Poissy.