

De Lorean Motor Company, du nom de son fondateur John Zachary Delorean, fut crée en 1975. C’est à Detroit, dans le Michigan que l’ingénieur et homme d’affaire fonde la compagnie. John Delorean a connu un parcours professionnel remarquable, notamment durant les dix années précédant la création de la De Lorean Motor Company.
Agé de quarante ans, il enchaîne les postes de directeur général de Pontiac et Chevrolet. John Delorean s’illustre dans le premier poste en tant que plus jeune directeur général de General Motors et dans le second titre grâce à ses ventes exceptionnelles de plus de trois millions de voitures dans l’année. Le dernier poste que John Delorean occupe avant de quitter la General Motors est celui de vice-président de la firme en 1973.
Par ailleurs, parallèlement à ses activités professionnelles, John Delorean enrichit son carnet d’adresse. On lui prête même l’étiquette de personne connue et reconnue de la jet-set de l’époque. John Delorean veut produire sa propre marque de voiture. Il a la volonté et l’envie pour créer l’entreprise. Il possède l’expérience nécessaire pour cela grâce à ses années chez General Motors. Il connaît les personnes qu’il faut pour répondre à la question du financement, et il pourra s’adresser à la Bank Of America pour le gros de l’emprunt.
C’est ainsi que la De Lorean Motor Company fut fondée en 1975. John Delorean se penche ensuite sur le lieu de production de l’usine de la compagnie. L’homme d’affaire a son favori pour l’emplacement du site de production : l’Irlande.
Cependant, le ministre de l’industrie et du commerce de l’époque est contre le projet et rejette la demande de la De Lorean Motor Company. John Delorean s’oriente alors vers Porto Rico avant d’être rappelé par l’Irlande. Finalement, l’usine de la De Lorean Motor Company fut construite à Dunmurry, près de Belfast dans l’Irlande du nord, en 1978. John Delorean a réunit suffisamment de fonds et l’usine a pu ouvrir ses portes après seulement dix huit mois de travaux. L’usine comptait six bâtiments et deux entrées différentes de chaque côté, commodités politique contextuelles obligent. Le personnel de l’usine était alors composé de 50% de catholiques et autant de protestants pour garantir une équité religieuse au sein du lieu de travail.
John Delorean a prévu de produire la première voiture en 1979. Le retard accumulé par les réglages des machines a déplacé la date de cet évènement au début de l’année 1981.
Par ailleurs, les ouvriers de l’usine étaient, pour la plupart d’entre eux, à leur première expérience professionnelle, ce qui entraîna plusieurs défauts de fabrications sur les véhicules dénommés DMC 12.
Le seul modèle de la marque, cette DMC 12, a été conçu par Colin Chapman, alors employé de Lotus. Quant au design, John Delorean a fait appel à Giogertto Giugiaro, designer et propriétaire de la société ItalDesign. La DMC 12, appelée également « DeLorean » était une voiture dont les principaux éléments distinctifs sont la carrosserie entièrement réalisée en acier inoxydable et les portières à ouvertures en papillon.
Par ailleurs, cette voiture à déclinaison sportive a son moteur de 155 chevaux positionné à l’arrière. Le concepteur de la DMC 12 a procuré le châssis en « Y », les suspensions et la coque en matériaux composites de Lotus. Ces ingrédients ainsi réunis sous les ordres du chef de projet, William Collins, ont aboutit à l’unique modèle de la De Lorean Motor Company.
Les ventes de la DMC 12 sont cependant largement en dessous du niveau espéré. En effet, pour pouvoir tourner et soulager les charges fixes de la marque, De Lorean Motor Company doit vendre 12 000 voitures l’année. C’est ce qu’on appelle Seuil de Rentabilité. Cependant, De Lorean Motor Company ne réussit à atteindre que la moitié de ce seuil de rentabilité, les ventes s’élevant au mieux à 6 000 véhicules l’année.
Plusieurs hypothèses sont mises en avant pour expliquer cette mévente. D’abord, la carrosserie en acier inoxydable que l’on pensait trop lourde pour le moteur et, de ce fait, pénalisait la sportivité du véhicule. Cette idée n’est pas à prendre compte puisque la voiture ne pèse pas plus que d’autres marques de sa catégorie. Elle affiche 1250 Kg sur la balance. Toujours concernant la carrosserie. Sa matière même ne favorise pas l’application d’une couche de peinture, de ce fait, la majorité des voitures arborent cette même teinture grise.
Cette carrosserie n’a pas que des défauts. De nos jours, on peut trouver un grand nombre de DMC 12 intactes puisque la rouille n’arrive pas à attaquer l’inox. Toutefois, le caractère sportif de la DMC 12 n’arrive pas à s’exprimer. La raison est sûrement les pots catalytiques installés sur le véhicule. C’est en effet à cette époque que les restrictions sur la pollution commencent à s’appliquer. Quoi qu’il en soit, la compagnie doit agir et agir vite. C’est ainsi qu’elle met en place une holding ; la De Lorean Motors Holding Company, le plan de restructuration d’urgence de John Delorean.
C’est également à cette époque que ce dernier fut inculpé pour une affaire de trafic de cocaïne par le FBI. Il sera acquitté plus tard mais se retrouve néanmoins avec sa réputation ainsi que sa crédibilité sérieusement handicapées.
En ce qui concerne la De Lorean Motor Company, John Delorean n’a jamais pu réunir les fonds nécessaires au sauvetage de la compagnie. De Lorean Motor Company ferma ses portes en 1982, 2500 personnes perdirent leurs emplois et plus de cent millions de dollars d’investissement sont emportés dans la chute de la compagnie.
L’aventure de la De Lorean Motor Company fut brève. On peut imputer les causes de sa fin à la mauvaise gestion managériale de la compagnie. Ces prévisions de ventes étaient trop élevées tandis que les réalisations n’ont même pas atteint la moitié du seuil de rentabilité. Il y a également le problème de la DMC 12 ; pas assez puissante pour pouvoir revendiquer une place dans la famille des voitures sportives. Sur ce registre, John Delorean avait prévu de produire une version Twin Turbo de 230 chevaux mais la faillite de la compagnie a enterré ce projet. Un prototype de ce modèle fut tout de même réalisé. Quant au fondateur de la De Lorean Motor Company, John Delorean, le pauvre homme fut poursuivit jusqu’à sa mort, par ses créanciers, en 2005.